Ladies night d’Antony Mc Carten, Stephen Sinclair et Jacques Collard, mise en scène de Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé, Théâtre Rive Gauche :

Alors qu’à Broadway la comédie musicale adaptée de The Full Monty vient d’être accueillie chaleureusement par le public et les critiques, Paris propose Ladies Night, la pièce qui aurait inspiré le célèbre film. L’histoire est célèbre : ce sont les tribulations d’un groupe de chômeurs, ni playboys, ni top-models, qui décident de monter un spectacle de strip-tease intégral. Le contexte a été transposé au Nord de la France et nos héros sont désormais tout ce qu’il y a de plus franchouillards.

Dès le début, le capital sympathie est immédiatement acquis : Manu (Manuel Blanc) et ses potes ont beau être des grandes gueules parfois insupportables et à la limite de la beauferie, ils n’en sont pas moins terriblement sympathiques et attachants. De Manu le chef de file à Benoît le timide, tous ces grands gamins composent une galerie de personnages plus vrais que nature, grâce à une belle brochette de comédiens. Les rires sont garantis (une certaine « danse de la grappe » devrait faire date), les répliques sont parfois « hénaurmes », et même si les scènes comiques passent beaucoup mieux que les moments d’émotion, le tout est agréablement fluide.

Last but not least, la seule femme du spectacle est interprétée par Lisette Malidor. Elle est Glenda, danseuse qui a raté sa carrière et qui aidera les hommes à monter leur spectacle. Une femme ? Disons plutôt une créature ou une apparition. Malidor, ex-meneuse de revue, est tellement fascinante et troublante qu’elle pourrait réciter le Bottin, on resterait suspendu à ses lèvres. Dans Ladies Night, elle est à la fois imposante et fragile, pète-sec et drôle. Bref, on en redemande.

Ladies Night est un divertissement populaire et sympathique, mais toujours tendre et généreux. Et même si certains effets semblent parfois faciles, la pièce ne vire jamais à la vulgarité ou au voyeurisme… Malgré tout, une question brûle pourtant les lèvres… Font-ils vraiment le grand jeu ? Alors qu’à Broadway, les lumières viennent éblouir le public au moment où le string fatidique est retiré, à Paris, nous avons droit à quelques nanosecondes de « full-frontal ». Sacrés français.